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Apprendre est l’essence de la vie (Krishnamurti)

4ème de couverture

De 1978 à 1983, Krishnamurti a adressé des lettres aux écoles qu’il a fondées en Inde, aux États-Unis et au Canada. Rassemblées ici dans leur intégralité, augmentées de dix-sept missives inédites rédigées entre 1968 et 1973, elles s’appuient sur la volonté qu’élèves et enseignants apprennent ensemble, aussi bien sur le monde que sur eux-mêmes.
Au fil de ces lettres apparaissent les principaux fondements de sa philosophie : aider l’élève à éveiller son intelligence et à établir avec l’enseignant une relation juste, ne pas penser en termes de compétition, tout en excellent dans ses études et sa vie quotidienne; comprendre la signification du mot “responsabilité”; savoir, enfin, “observer sans l’observateur”, vrai sens de toute la connaissance…
À l’heure du débat sur les méthodes d’enseignement, l’approche humaniste de Krishnamurti ouvre des pistes nouvelles.

jiddukrishnamurtibookLes chapitres :

Préface
Avertissement
Introduction
Avant-propos

  1. Une éducation totale
  2. La bonté
  3. Le loisir
  4. La peur
  5. Le savoir
  6. La responsabilité
  7. Apprendre
  8. Un changement radical
  9. La diligence
  10. La sécurité
  11. La compassion
  12. Les blessures psychologiques
  13. L’habitude
  14. La beauté
  15. La capacité
  16. Vision pénétrante et honnêteté
  17. Le désir et le désordre
  18. L’intégrité
  19. Les problèmes
  20. La position sociale
  21. La sensibilité
  22. L’égocentrisme
  23. L’art de vivre
  24. Les mots
  25. L’intellect
  26. La violence
  27. Les valeurs
  28. Les centres d’étude
  29. La survie de l’humanité
  30. La coopération
  31. L’intelligence
  32. Le mouvement de la pensée
  33. Connais-toi toi-même
  34. L’affection
  35. Regarder les faits
  36. Récompense et punition
  37. La communication
  38. S’éduquer soi-même
  39. L’efficacité
  40. Réfléchir ensemble
  41. L’attention
  42. La famille et la société
  43. L’immensité de la vie
  44. Prendre conscience
  45. L’enseignant
  46. La vulnérabilité
  47. L’intention
  48. L’engagement
  49. La vision
  50. Le choix
  51. Les limites du savoir
  52. L’humilité
  53. La médiocrité
  54. L’harmonie avec la nature
  55. L’essentiel est d’apprendre
  56. La tradition
  57. La culture
  58. L’obéissance
  59. Le conflit
  60. Travailler ensemble
  61. L’ordre
  62. La morale
  63. L’action
  64. Les préjugés
  65. Une autre éducation
  66. La liberté fondamentale
  67. La relation
  68. L’autorité
  69. La coercition
  70. La discipline
  71. Une vie saine
  72. L’ordre et la liberté

Quelques extraits que j’aime bien et que je partage avec vous afin de vous donner envie de lire ce livre qui contient une vision de l’éducation très humaniste.

Chapitre 3 – Le loisir
Une école est un lieu de loisir où l’enseignant et l’enseigné apprennent tous les deux. Telle est la caractéristique essentielle de l’école, apprendre.»

Chapitre 4 – La peur
L’éducateur ne doit pas éveiller la peur chez l’élève. Ce n’est pas là un concept car l’éducateur lui-même comprend, et pas seulement intellectuellement, que la peur, sous toutes ses formes, rend l’esprit infirme, entraîne la destruction de la sensibilité et un rétrécissement des sens.»

Chapitre 7 – Apprendre
L’école est un lieu où l’on apprend et pas simplement un lieu où l’on amasse des connaissances. Cela, il est vraiment important de le comprendre.»

Chapitre 10 – La sécurité
Après tout, une école est un endroit où l’élève est d’abord heureux, où il n’est pas brimé, où il n’a pas peur des examens et où il n’est pas forcé d’agir selon un modèle ou un système. C’est un endroit où l’on enseigne l’art d’apprendre. Si l’élève n’est pas heureux, il est incapable d’apprendre cet art.»

Chapitre 11 – La comparaison
Instruire, attirer l’attention sur un point, informer, sans l’influence corruptrice de l’autorité, telle est la fonction d’un véritable éducateur.»

Chapitre 13 – L’habitude
Dans une école l’enseignant est la personne la plus importante car c’est de lui ou d’elle que dépend le bien futur de l’humanité.»

Chapitre 17 – Le désir et le désordre
Quand on quitte l’école, on cesse d’apprendre et on continue de vivre sur son savoir acquis. Jamais nous ne pensons que toute la vie consiste à apprendre.»

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Maria Montessori : biographie

Cette bibliographie est issue de mon Mémoire de Master 2 MEEF – 1er degré (2016).

Enfance à Chiravalle
Maria Montessori est née le 31 août 1870 au cœur de la petite ville de Chiaravalle située dans la province d’Ancône, à l’Est de l’Italie. Elle est fille unique. Son père, Alessandro Montessori (1832-1915), travaillait dans la fonction publique. Sa mère, Renilde Stoppani (1840-1912) était la nièce d’Antonio Stoppani, un philosophe et un savant italien. Renilde Stoppani était bien éduquée, très pieuse et cultivée. Maria lui ressemblait beaucoup.
Maria Montessori a été élevée selon la tradition catholique de l’époque, avec discipline et rigueur. Son père avait un tempérament austère et rigide tandis que sa mère à l’inverse était une femme très douce, plutôt progressiste qui respectait la liberté de sa fille malgré les limites sociales et culturelles imposées aux femmes de cette époque.
Petite, Maria Montessori a été scolarisée à l’école communale de Chiaravalle, à cette époque elle ne montrait pas de prédispositions particulières, c’était une enfant tout à fait banale.
Maria Montessori - EnfantDéménagement à Rome
Ses parents ont déménagé à Rome, capitale de l’Italie, lorsqu’elle eut 12 ans afin qu’elle puisse bénéficier d’une meilleure éducation, c’est-à-dire une éducation « digne d’une jeune fille de bonne famille ». Très tôt, ils voulurent orienter leur fille vers le métier d’enseignante car c’était à l’époque un des rares métiers ouverts aux femmes.
Toutefois, Maria Montessori ne voyait pas les choses ainsi, elle voulait être tout… sauf enseignante ! Elle disposait de facilités pour les mathématiques et d’un intérêt vif pour les sciences. Elle désirait devenir ingénieur, mais son père était réticent. Sa mère, avec sa grande douceur a su le convaincre de laisser sa fille choisir d’elle-même la carrière qu’elle voulait emprunter.
De ce fait, à 14 ans, Maria Montessori a pu entamer des études au sein d’un collège technique de garçons. Il s’agissait du collège Michelangelo Buonarroti, nom donné en hommage à l’artiste italien Michel-Ange (1475-1564).
Les études dans cet établissement ne furent pas simples pour elle, non pas en raison des matières étudiées mais en raison des préjugés sociaux concernant le rôle que les femmes devaient avoir dans la société de l’époque.

Une femme médecin ?
Peu de temps après, ses études ne lui plaisant guère, Maria Montessori se trouve une passion pour la biologie humaine et elle décide de devenir médecin. Hélas, à cette époque, la faculté de médecine était très difficilement accessible aux femmes, de plus son père était absolument contre ce choix qu’il trouvait inimaginable et surtout intolérable puisqu’elle serait amenée à disséquer des cadavres d’hommes.
Bien que sa mère fût pour ce choix qu’elle trouvait profondément humaniste, Maria Montessori a dans un premier temps décidé de s’inscrire à la faculté de sciences de Rome afin de diminuer les tensions que son choix de carrière suscitait auprès de sa famille.
Une fois sa licence obtenue et ayant toujours en tête son rêve de devenir médecin, elle s’obstine et elle rencontre le médecin Guido Bacelli (1830-1916). Celui-ci était le ministre de l’Instruction Publique du Royaume d’Italie, c’est-à-dire l’Éducation Nationale Italienne actuelle. Guido Bacelli refuse son projet en prétextant que la faculté de médecine n’est pas un lieu ouvert aux femmes, mais d’une nature têtue elle lui répondit alors avec un grand calme : « Je sais que je serai médecin » avant de s’en aller.
Elle insista, persévéra longtemps et après de multiples rendez-vous, elle réussit à le convaincre et elle finit par intégrer la faculté de médecine de Rome, malgré le refus formel de son père qui lui en tiendra rigueur quelques années. Convaincante, elle réussit également à obtenir une bourse, enfin plutôt une série de bourses qui financeront d’année en année une partie de ses études. Pour financer la totalité de ses frais universitaires, elle donnera aussi des cours particuliers.
Une fois admise, les étudiants masculins se moquent d’elle et vivent sa présence comme une intrusion dans un monde qui était auparavant réservé aux hommes. Maria ne se laisse pas faire, elle les remet à leur place et rapidement, le mépris des étudiants fait place à de l’admiration, elle les impressionne. Elle dira plus tard à propos de cette époque qu’elle se sentait capable de tout et que rien ni personne ne pouvait l’arrêter.

Découverte d’une vocation
En 1896, à 26 ans Maria Montessori a terminé ses études de médecine. Dans de nombreux textes et livres on peut lire à ce sujet-là qu’elle fut la toute première femme médecin en Italie, or ce n’est pas le cas mais elle fut toutefois parmi les premières. La première femme à obtenir ce titre fut Ernestina Paper en 1877.
Maria Montessori - Diplomée de la faculté de médeçine de RomePeu après l’obtention de son diplôme, elle obtient un emploi d’assistante à la clinique psychiatrique (sa thèse portait justement sur le domaine de la psychiatrie) de l’université de Rome.
À l’université, elle a pour mission de visiter les asiles de fous et c’est là qu’elle verra un jour un groupe d’enfants dits déficients mélangés avec des adultes. Constatant que ces enfants parqués dans une petite pièce sans objets passent leur temps à la recherche de miettes de pain à manipuler, elle en viendra à penser que le problème de leur déficience n’est pas tant médical que pédagogique.
Obsédée par l’envie de trouver une solution pour aider ces enfants à réintégrer la société elle va alors lire l’intégralité des livres et des recherches de Jean Itard (1774-1838) et d’Édouard Seguin (1812-1880).
Jean Itard a été rendu célèbre pour son travail avec Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron tandis qu’Édouard Seguin était un élève d’Itard et le fondateur d’une école pour les déficients à Paris. Elle s’inspirera fortement d’eux pour élaborer sa propre pédagogie. Admiratrice de ces deux hommes elle va même jusqu’à traduire le livre du médecin Jean d’Itard en italien et copier de sa propre main tout ce que ces deux hommes ont écrit afin de mieux assimiler leurs idées en matière de pédagogie et d’éducation.
Maria Montessori en pleine lectureUn enfant
C’est également à cette période de sa vie qu’elle eut un fils, Mario Montessori (1898-1982) avec l’un de ses professeurs de peu son aîné : le docteur Giuseppe Montesano.
Hélas, Maria n’était pas mariée et ce professeur ne voulait pas s’engager avec elle. Pour éviter le scandale au sein d’une Italie très catholique mais aussi pour se consacrer entièrement à ses recherches… Maria Montessori a été contrainte de cacher son enfant et elle n’a pas pu l’élever. Néanmoins, elle a pu lui rendre régulièrement visite à la campagne au sein de sa famille d’accueil.

Une chercheuse acharnée et une éternelle étudiante
En 1898, Maria Montessori est remarquée pour ses connaissances sur le sujet des enfants déficients lors d’un congrès pédagogique à Turin. Le ministre de l’Éducation Nationale Italienne lui demandera alors de donner une série de conférences sur l’éducation des enfants déficients. Cette série de conférence aura pour suite la création de la première école d’État d’orthophrénie. Maria Montessori en sera la directrice de 1899 à 1902.
Lors de ces trois années elle ira également à Londres et à Paris pour étudier les méthodes et le matériel utilisés avec les enfants déficients.
Sous sa direction les enfants dits déficients de l’école d’État d’orthophrénie réussirent à apprendre à lire et à écrire, chose que l’on pensait impossible. Certains passèrent même avec succès des examens à côté des enfants “normaux” et ils obtinrent de très bons résultats.
Entre les années 1901 et 1906, elle décide de redevenir étudiante car elle ressent le besoin de maîtriser plus les différents champs qui entourent le domaine de l’enfance. Elle étudie ainsi la philosophie et la psychologie tout en continuant à approfondir ses connaissances sur les travaux d’Itard et de Seguin.
En parallèle elle occupe la chaire d’hygiène au Magistero Feminile de Rome et elle a la charge d’examinatrice au sein de la Faculté de Rome auprès du grand Luigi Pirandello (prix Nobel de littérature en 1934).
De 1904 à 1908 elle va occuper la chaire d’anthropologie de l’université de Rome et elle sera professeur. Ses cours porteront le nom d’Anthropologia Pedagogia. Elle formera les étudiants en leur communiquant son formidable enthousiasme.
À ce propos, Anna Maccheroni, pionnière de la méthode Montessori, qui a assisté à ses conférences à dit sur Maria Montessori :
« Elle était belle, et portait un costume élégant et très féminin, contrairement à la mode de l’époque qui voulait donner aux intellectuelles un style quelque peu masculin. Elle parla ce jour-là, non pas tant d’anthropologie, que de ce que devait être l’école. Elle insista sur deux points : le devoir du maître est d’aider, non de juger ; le véritable travail mental n’épuise pas, il nourrit l’esprit. Elle était une conférencière extrêmement séduisante et gracieuse. Tout ce qu’elle disait avait la chaleur de la vie. À l’écouter, on se sent l’envie d’être meilleur. Elle était un stimulant spirituel pour tous.”
En plus de cela, elle avait sa propre clientèle privée et travaillait dans les hôpitaux de Rome. Elle était donc très active, elle disposait d’une puissance de travail exceptionnelle, elle consacrait ses journées aux enfants, à ses patients, à voyager, à donner des conférences ou à donner des cours et elle passait ses nuits à réfléchir, fabriquer du matériel sensoriel, comparer, analyser, corriger, lire, préparer l’avenir…
Elle ne vivait que pour ce qu’elle considérait et considéra tout au long de sa vie comme sa mission.

La révélation de San Lorenzo
En 1906, une société de construction a pour projet de construire des bâtiments pour regrouper les habitants du quartier de populaire de San Lorenzo. Ce quartier était un vrai taudis, il y régnait le crime, la pauvreté et le manque d’hygiène, les habitats étaient dans un état de dégradation avancé.
Aujourd’hui encore, si on se promène dans ce quartier de Rome on peut constater que San Lorenzo reste un quartier populaire avec beaucoup de pauvreté, de saleté, de tags et de délinquance.
Pour éviter que les jeunes enfants laissés à eux-mêmes ne perturbent et n’abiment les travaux en salissant les murs ou en cassant les constructions, les autorités décident de regrouper ces enfants dans un local : la première « Casa Dei Bambini » (Maison des Enfants).
Guido Bacelli, propose alors à Maria Montessori de s’occuper de ce local. Celle-ci dit oui car elle voit là enfin la possibilité de travailler avec des enfants normaux et de pouvoir tester ses méthodes auprès d’eux. Elle accepte à condition qu’on adapte tout le matériel à l’enfant, c’est-à-dire qu’elle demande la fabrication de chaises miniatures, de petits bureaux et de fauteuils si les enfants souhaitent se reposer.
C’est Maria Montessori qui a été la pionnière en adaptant la taille du matériel à l’enfant, ce principe a désormais été repris dans les écoles maternelles, jardins d’enfants, crèches… du monde entier.
Maria Montessori ayant bien trop d’obligations professionnelles embaucha une jeune fille pour la seconder, cette dernière n’était pas un professeur car Maria Montessori ne souhaitait pas avoir quelqu’un de déjà formé aux « vieilles méthodes traditionnelles ». Elle voulait quelqu’un qui utilise son matériel et sache le présenter aux enfants. En dehors de cela elle n’imposait rien à cette éducatrice qui disposait ainsi d’une grande liberté pédagogique.

L’explosion de l’écriture…
Les premiers temps furent difficiles, les enfants étaient indisciplinés, peureux, abandonnés, sales et beaucoup souffraient de dénutrition. C’est pour cela que Maria Montessori, s’est dans un premier temps focalisée sur l’hygiène en leur apprenant à se laver les mains, à nettoyer une table, à se servir d’un balai…
Mais rapidement, c’est-à-dire en moins d’un an, les résultats vont porter leurs fruits. Les enfants vont s’autodiscipliner et les parents surpris par tant d’autonomie et de discipline intérieure vont même jusqu’à demander à Maria Montessori de leur apprendre à lire. Celle-ci refuse dans un premier temps car elle estime que ce n’est pas son rôle.
Puis face à beaucoup d’insistance, elle décide d’accepter et met alors à leur disposition un matériel pédagogique élaboré par ses soins (dans un premier temps il s’agira des lettres rugueuses et des lettres mobiles en bois).
L’évènement qui va contribuer à faire connaître sa méthode est l’explosion de l’écriture (et non pas de la lecture) chez un certain nombre d’enfants âgés de 4 à 5 ans et cela sans qu’on le leur ait enseigné (on enseigne d’abord le son des lettres avant le nom des lettres dans la pédagogie Montessori).
Ce fait fut remarquable dans un pays tel que l’Italie ou le taux d’analphabétisme était de près de 75% au début du 20ème siècle, c’est-à-dire un des taux les plus élevés d’Europe !
C’est cet évènement qui va contribuer à faire connaître Maria Montessori puis sa méthode à travers le monde entier. Rapidement des gens de tous les horizons vont venir observer ces enfants. La reine Margherita de Savoie déclarera même à ce propos : « qu’on se trouve à l’aube d’une nouvelle philosophie de la vie et que ce sont les enfants qui nous éclaireront là-dessus ». Tous les visiteurs restent émerveillés devant ces enfants.
Parmi eux on compte : la fille de Léon Tolstoï (qui fut aussi un éminent pédagogue), l’ambassadeur d’Argentine, Anna Freud ainsi que des représentants de divers pays et ordres religieux.

La diffusion internationale de la méthode Montessori
Suite à cela, Maria Montessori écrit son premier livre, travailleuse acharnée, elle écrira ce livre en moins de 1 mois. Son titre : Une méthode scientifique de pédagogie appliquée aux enfants. Le livre connaîtra un succès immédiat et sera rapidement traduit en plus de 20 langues, dont en chinois !
La mission de Maria Montessori prend alors tout son sens : elle se doit de faire participer toute l’humanité afin de pouvoir garantir à tous les enfants vivants la défense de leurs droits.
À partir de là, elle va démissionner de l’université pour se consacrer uniquement à la diffusion des principes de base de sa pédagogie. Toute son énergie sera consacrée à cela ainsi qu’à ce qu’elle nomme l’éducation à la paix, dans le but de rendre le monde meilleur en faisant des enfants des êtres plus humains, plus autonomes, plus libres et plus surs d’eux.
En 1912, lasse de devoir vivre éloignée de son fils et marquée par la mort de sa mère, elle le récupérera en le faisant passer pour quelqu’un de sa famille, le docteur Montesano, ne s’y opposa pas à condition qu’il ne porte pas son nom.
En 1917, elle est invitée aux États-Unis à l’occasion de l’exposition universelle afin d’y présenter sa méthode, à partir de là, elle va gagner une notoriété internationale qui ne cessera de croître.
Conférencière très demandée et dotée d’un fort talent d’oratrice, elle ne cessera alors de voyager, de diffuser ses idées, de former de nombreux professeurs, de rencontrer des pédagogues (Adolphe Ferrière, John Dewey, Roger Cousinet…) et des personnalités (Helen Keller, Thomas Edison…). La plupart des demandes proviennent des ministres de l’enseignement ou d’associations pédagogiques. Souvent ces invitations sont officielles.
Des écoles Montessori ainsi que des sociétés montessoriennes naîtront rapidement dans le monde entier. On verra ainsi la naissance d’une école Montessori dans les jardins du Palais pour les enfants de la famille impériale russe ou encore en Chine, au Japon, au Canada, en Inde, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Espagne…
Mais en parallèle de cela, elle continue ses recherches avec acharnement, elle dira à ce propos : « Il faut que je travaille, je ne puis me permettre de parler tout le temps. ». Ainsi il lui arrivera parfois de se retirer de la scène publique pour se concentrer sur ses recherches.

La fondation de l’AMI et l’exil
En 1929, elle fondera à Amsterdam (Pays-Bas) l’Association Montessori Internationale (AMI) dans le but de préserver et de transmettre ses idées. Son fils (Mario Montessori) puis sa petite fille (Renilde Montessori) en furent les présidents.
En 1934, elle refuse l’offre de Benito Mussolini – fondateur du Parti National Fasciste (PNI) – qui consistait à faire de la pédagogie Montessori, une pédagogie nationale avec pour but secondaire et inavoué l’endoctrinement des jeunes. Ce refus entraînera la fermeture de toutes les écoles Montessori d’Italie, et Maria Montessori ainsi que son fils seront alors déclarés ennemis de l’Italie.
Elle part alors en Espagne où la guerre civile éclate en 1936. Elle ira ensuite vivre en Angleterre puis en Hollande. De 1939 à 1946 et afin d’échapper à la seconde guerre mondiale, elle partira vivre en Inde avec son fils – celui-ci l’aidant et l’accompagnant dans ses travaux – où elle sera assignée à résidence à Madras en tant que ressortissante italienne.
Là, elle rencontrera Gandhi (guide spirituel et homme politique, 1869-1948), Nehru (homme politique, ancien premier ministre indien, 1889-1961) et Tagore (philosophe, écrivain, 1861-1941). Sentant une connexion profonde avec l’Inde, ses principes seront très bien accueillis en Inde ou elle donnera de nombreuses conférences et formera beaucoup d’éducateurs.

La paix
En 1946, âgée de 76 ans, elle retourne en Europe et c’est à Amsterdam qu’elle décide de s’installer définitivement afin de poursuivre ses écrits et ses travaux. Vers la fin de sa vie elle s’intéressera beaucoup au nouveau-né et à l’adolescent, deux périodes extrêmement sensibles dans la vie d’un enfant.
En 1949, 1950 et 1951, elle sera nommée trois ans de suite pour le prix Nobel de la Paix sans l’obtenir…
C’est le 6 mai 1952, qu’elle s’éteindra paisiblement à l’âge de 81 ans. Maria Montessori repose désormais au cimetière catholique de Noordwijk Aan Zee dans le nord de la Hollande.

Livres sur la vie de Maria Montessori :
Maria Montessori – Sa vie, son oeuvre (Edwing Mortimer Standing)
Maria Montessori – L’éducation libératrice (Anne Sizaire)

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La collection des Mini-Rimes

La collection des Mini-Rimes me semble particulièrement intéressante pour travailler les rimes, les phonèmes mais aussi le vocabulaire d’une façon ludique et avec humour. Cette collection permet aussi d’aborder le ressenti des personnages (tous des animaux), les émotions ainsi que la gestion de ces dernières.
Mini-rimesJ’ai commencé à lire ces albums à mes élèves de MS et ils adorent… autant le texte que les illustrations ! Ces histoires étant un peu longues pour des MS, il convient de les lire en 2 – 3 fois. L’idéal étant de coupler ces albums avec les thématiques du moment étudiées en classe pour faire un travail autour des rimes. On peut, par exemple lire Huguette en parallèle du thème de la galette des rois, Ronchon ainsi que Garou en parallèle d’un projet autour des Trois Petits Cochons…

La collection contient pour l’instant 6 albums de littérature de jeunesse :
– Albert, le hamster qui pique une grosse colère !
– Annabelle, la coccinelle qui se croit la plus belle !
– Garou, le loup qui est toujours jaloux !
– Huguette, la crevette qui est bien trop pipelette !
– Ronchon, le cochon qui répond toujours non !
– Zazouille, la grenouille qui a toujours la trouille !

Si vous le souhaitez, Les Éditions Éveil et Découvertes ont également élaboré une fiche pédagogique pour le cycle 1 téléchargeable au format PDF. Celle-ci est accessible dès la MS si vos élèves ont un bon niveau en conscience phonologique.

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Femmes pédagogues : de l’Antiquité au XIXème siècle

4ème de couverture
« Messieurs, je suis profondément convaincu, quant à moi, de la supériorité naturelle de la femme en matière d’enseignement; cette supériorité, croyez-le bien, se démontrera plus clairement de jour en jour… et les grands pédagogues ont tous en eux quelque chose de maternel ».
Ainsi s’exprimait Jules Ferry au Congrès pédagogique, le 19 avril 1881. Il n’est pas certain que les femmes accepteraient sans soupçon cette « supériorité naturelle ». Il n’est pas certain que les pédagogues accepteraient sans réaction cette réduction à ce « quelque chose de maternel ». Il est certain par contre que, quand nous tous, femmes et hommes, pensons aux figures de la pédagogie, nous y reconnaissons à peu près exclusivement des hommes…
Or ceci est injuste. Tout un continent pédagogique est à découvrir, bien au-delà des quelques noms de femmes pédagogues que nous sommes capables d’avancer. L’histoire de l’éducation a aussi été faite et pensée de manière très profonde et significative par des femmes, à toutes les époques, dans tous les pays.
La preuve ? Cet ouvrage qui est parvenu, sans difficultés mais non sans étonnements, à réunir des figures de la pédagogie et à devoir choisir parmi elles celles qui semblaient le plus significatives. De l’Antiquité au 19ème siècle, elles ont été très nombreuses à se montrer pédagogues, c’est-à-dire à faire et dire l’éducation. C’est à cette découverte que nous vous invitons, c’est à cette injustice que nous vous proposons de remédier.

FemmesPedagoguesT1
Dans le tome 1 :

  • Sappho (- 630 / – ?)
  • Dhuoda (milieu du IXème siècle)
  • Catherine de Sienne (1347 – 1380)
  • Christine de Pizan (1365 – 1430)
  • Mme de Maintenon (1635 – 1719)
  • Mme Leprince de Beaumont (1711 – 1780)
  • Josefa Amar Y Borbón (1749 – 1833)
  • Mme Campan (1752 – 1822)
  • Thérèse Brunsvick (1775 – 1861)
  • Albertine Necker de Saussure (1766 – 1841)
  • Pauline de Meulan (1773 – 1827)
  • Emilie Mallet (1794 – 1856)
  • Rosette Niederer-Kasthofer (1779 – 1857)
  • Marie Pape-Carpentier (1815 – 1878)
  • Marie-Eugénie Milleret (1817 – 1898)
  • Julie Favre (1834 – 1896)
  • Catherine Lascaridou (1842 – 1916)
  • Antonina de Gerando (1844 – 1914)

Ce livre de 620 pages a été publié sous la direction de Jean Houssaye qui est professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rouen et directeur du laboratoire de sciences de l’éducation CIVIIC (Centre Interdisciplinaire sur les Valeurs, les Idées, les Identités et les Compétences). Il a également été professeur de philosophie dans le secondaire, formateur d’enseignants.

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Ces enfants qui changent le monde

Nous, les enfants, sommes en majorité dans le monde. Nous pouvons changer les choses si nous agissons tous ensemble. Un moustique ne peut rien contre un rhinocéros, mais mille moustiques peuvent forcer un rhinocéros à changer de direction. »
(Félix Finkbeiner – 9 ans – Allemagne)

4ème de couverture
L’avenir c’est eux. Ils et elles ont entre 10 et 17 ans. Ils ont récolté des fonds pour sauver des oiseaux mazoutés, animé une campagne internationale pour planter des arbres, mis en place le recyclage de vieux ordinateurs dans leur ville ou pris la parole aux Nations Unies…
Ils et elles sont des enfants. Et pourtant, ils ont accompli ce que même des adultes auraient pu croire impossible. Ce sont 45 jeunes héros de notre planète.

CesEnfantsQuiChangentLeMonde
Mon résumé
Le livre Ces enfants qui changent le Monde de la Fondation GoodPlanet a été illustré avec les magnifiques photographies de Yann Arthus-Bertrand et écrit avec les textes de Anne Jankéliowitch. Il contient 45 exemples d’enfants ayant décidé de se mobiliser afin préserver notre belle planète bleue en s’engageant à défendre une cause en lien avec le développement durable et l’écologie.
Ces enfants a qui la fameuse citation de Simone BeauvoirUn enfant c’est un insurgé » s’applique à merveille portent en eux un grand optimiste et une énergie remarquable. Là où beaucoup d’adultes sont déjà résignés et trop préoccupés par les soucis de la vie quotidienne, eux ne le sont pas encore puisque leur rêve commun pour un monde meilleur est intact.
Leurs initiatives, pleines d’espoir, sont riches et variées : marches, dessins, sites internet, plantations d’arbres, discours, prélèvements d’eau, collectes d’argent, recyclage…


Exemples issus du livre

Parrys Raines, 16 ans, Australie :
Utiliser une bouteille une seule fois n’est pas logique.
Objectif : Réduire la pollution des océans par le plastique.
Mode d’action : Éliminer les petites bouteilles en plastique jetables utilisées par les élèves, et les remplacer par des gourdes en inox réutilisables.

Anup Raj Chalise, 15 ans, Népal :
Dans notre religion planter un pipal est un acte sacré.
Objectif : Planter des arbres.
Mode d’action : Organiser une grande campagne de plantation de pipals, qui sont des arbres sacrés.

Qier Qiu, lycéenne, Chine :
En Chine, on mange avec des baguettes. Et des millions de personnes utilisent des baguettes jetables. C’est peut-être pratique, mais ce n’est pas sans effet sur l’environnement et la santé !
Objectif : Réduire la déforestation.
Mode d’action : Sensibilisation du public et vente de baguettes réutilisables.

Rujul Zaparte, 13 ans, États-Unis :
Tout le monde a le droit  d’avoir de l’eau.
Objectif : Amener l’eau potable dans les villages pauvres en Inde.
Mode d’action : Collecte d’argent puis construction de puits en Inde.

Shalmali Tiwari, lycéenne, Inde :
Dans notre école, les vers de terre s’occupent des déchets.
Objectif : Améliorer la gestion des déchets.
Mode d’action : Mise en place du vermicompostage dans les établissements scolaires.

Jes Ismael Izaidin, 15 ans, Malaisie :
Sur scène il suffit de 15 minutes pour faire passer un message.
Objectif : Empêcher la disparition des tigres d’Asie.
Mode d’action : Sensibiliser le public au moyen d’un spectacle de danse et de théâtre pour faire changer les comportements à l’égard du tigre.

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De l’enfant à l’adolescent – Maria Montessori

4ème de couverture
En cette période où des réformes du système éducatif se donnent explicitement pour projet de respecter les rythmes des élèves en organisant l’éducation par cycle, il faut lire les textes de Maria Montessori. Avant bien d’autres, elle avait expérimenté et pensé une telle progression, en relevant le défi de créer des outils pour qu’enfants et adolescents apprennent par eux-mêmes et non en écoutant un enseignement. Après L’enfant (0 à 6 ans), elle développe dans De l’enfant à l’adolescent les trois cycles suivants, de l’écolier jusqu’à l’étudiant.
Jeanne Françoise Hutin, responsable d’une École Montessori et présidente de l’Association pour la diffusion des idées de Maria Montessori présente le livre et en souligne toute l’actualité.
aaLa table des matières

Préface
Avant-propos
Les plans successifs de l’Éducation
Métamorphoses
Caractère moral de l’enfant de sept à douze ans
Les besoins de l’enfant de sept à douze ans
Passage à l’abstraction – Rôle de l’imagination ou la sortie, clef de la culture
L’eau
Quelques expériences de chimie
Le carbone dans la nature
Quelques notions de chimie inorganique
Quelques notions de chimie organique
Conclusion
L’enfant à la terre
Plans d’études et de travaux
La fonction de l’Université

Avis
Une lecture facile (172 pages) et des termes simples. Cependant ce livre contient très peu d’exemples “scolaires”. Il s’agit plus d’une réflexion sur le passage entre enfance et adolescence (période sensible) ainsi que sur les capacités d’apprentissage des adolescents.

Une phrase à retenir
Voici donc un principe essentiel de l’éducation : enseigner les détails, c’est apporter la confusion; établir la relation entre les choses, c’est apporter la connaissance.
(page 110)

Aside

L’éducation en questions (Philippe Meirieu)

Cette série de 8 petits fascicules nommée “L’éducation en questions” a été écrite par Philippe Meirieu (chercheur français en sciences de l’éducation). Elle vous permettra de découvrir rapidement et d’une façon synthétique les différentes méthodes pédagogiques instaurées par les grands pédagogues.

La liste des fascicules de la série :
Célestin Freinet : Comment susciter le désir d’apprendre ?
Jean Gaspard Itard : Tous les enfants peuvent-ils être éduqués ?
Joseph Jacotot : Peut-on enseigner sans savoir ?
Janusz Korczak : Comment surseoir à la violence ?
Maria Montessori : Peut-on apprendre à être autonome ?
Fernand Oury : Y a-t-il une autre loi possible dans la classe ?
Léon Tolstoï : Doit-on croire les enseignants sur parole ?
Johann Heinrich Pestalozzi : Que faire avec des enfants qui ne veulent pas de vous ?

Parenthèse pour les candidats au “CRPE”
Pour ceux qui passent le CRPE (Concours Régional de Professeur des Écoles) et qui n’auraient pas le temps ou simplement pas l’envie de lire de gros ouvrages sur les pédagogues… la courte lecture de ces fascicules vous donnera une idée de la philosophie éducative de chacune de ces grandes figures de la pédagogie.
Pour ma part, j’ai lu l’intégralité de la série, puis j’ai fiché le tout (1 à 2 fiches pour 1 fascicule). Je pense que cela m’a été bien utile pour mon oral de CSE (Connaissance du Système Éducatif) et m’a aidé à obtenir mon CRPE en 2015… du premier coup.
Vous les trouverez sans doute à la Bibliothèque Universitaire de l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) ou sur internet.