Aside

Apprendre est l’essence de la vie (Krishnamurti)

4ème de couverture

De 1978 à 1983, Krishnamurti a adressé des lettres aux écoles qu’il a fondées en Inde, aux États-Unis et au Canada. Rassemblées ici dans leur intégralité, augmentées de dix-sept missives inédites rédigées entre 1968 et 1973, elles s’appuient sur la volonté qu’élèves et enseignants apprennent ensemble, aussi bien sur le monde que sur eux-mêmes.
Au fil de ces lettres apparaissent les principaux fondements de sa philosophie : aider l’élève à éveiller son intelligence et à établir avec l’enseignant une relation juste, ne pas penser en termes de compétition, tout en excellent dans ses études et sa vie quotidienne; comprendre la signification du mot “responsabilité”; savoir, enfin, “observer sans l’observateur”, vrai sens de toute la connaissance…
À l’heure du débat sur les méthodes d’enseignement, l’approche humaniste de Krishnamurti ouvre des pistes nouvelles.

jiddukrishnamurtibookLes chapitres :

Préface
Avertissement
Introduction
Avant-propos

  1. Une éducation totale
  2. La bonté
  3. Le loisir
  4. La peur
  5. Le savoir
  6. La responsabilité
  7. Apprendre
  8. Un changement radical
  9. La diligence
  10. La sécurité
  11. La compassion
  12. Les blessures psychologiques
  13. L’habitude
  14. La beauté
  15. La capacité
  16. Vision pénétrante et honnêteté
  17. Le désir et le désordre
  18. L’intégrité
  19. Les problèmes
  20. La position sociale
  21. La sensibilité
  22. L’égocentrisme
  23. L’art de vivre
  24. Les mots
  25. L’intellect
  26. La violence
  27. Les valeurs
  28. Les centres d’étude
  29. La survie de l’humanité
  30. La coopération
  31. L’intelligence
  32. Le mouvement de la pensée
  33. Connais-toi toi-même
  34. L’affection
  35. Regarder les faits
  36. Récompense et punition
  37. La communication
  38. S’éduquer soi-même
  39. L’efficacité
  40. Réfléchir ensemble
  41. L’attention
  42. La famille et la société
  43. L’immensité de la vie
  44. Prendre conscience
  45. L’enseignant
  46. La vulnérabilité
  47. L’intention
  48. L’engagement
  49. La vision
  50. Le choix
  51. Les limites du savoir
  52. L’humilité
  53. La médiocrité
  54. L’harmonie avec la nature
  55. L’essentiel est d’apprendre
  56. La tradition
  57. La culture
  58. L’obéissance
  59. Le conflit
  60. Travailler ensemble
  61. L’ordre
  62. La morale
  63. L’action
  64. Les préjugés
  65. Une autre éducation
  66. La liberté fondamentale
  67. La relation
  68. L’autorité
  69. La coercition
  70. La discipline
  71. Une vie saine
  72. L’ordre et la liberté

Quelques extraits que j’aime bien et que je partage avec vous afin de vous donner envie de lire ce livre qui contient une vision de l’éducation très humaniste.

Chapitre 3 – Le loisir
Une école est un lieu de loisir où l’enseignant et l’enseigné apprennent tous les deux. Telle est la caractéristique essentielle de l’école, apprendre.»

Chapitre 4 – La peur
L’éducateur ne doit pas éveiller la peur chez l’élève. Ce n’est pas là un concept car l’éducateur lui-même comprend, et pas seulement intellectuellement, que la peur, sous toutes ses formes, rend l’esprit infirme, entraîne la destruction de la sensibilité et un rétrécissement des sens.»

Chapitre 7 – Apprendre
L’école est un lieu où l’on apprend et pas simplement un lieu où l’on amasse des connaissances. Cela, il est vraiment important de le comprendre.»

Chapitre 10 – La sécurité
Après tout, une école est un endroit où l’élève est d’abord heureux, où il n’est pas brimé, où il n’a pas peur des examens et où il n’est pas forcé d’agir selon un modèle ou un système. C’est un endroit où l’on enseigne l’art d’apprendre. Si l’élève n’est pas heureux, il est incapable d’apprendre cet art.»

Chapitre 11 – La comparaison
Instruire, attirer l’attention sur un point, informer, sans l’influence corruptrice de l’autorité, telle est la fonction d’un véritable éducateur.»

Chapitre 13 – L’habitude
Dans une école l’enseignant est la personne la plus importante car c’est de lui ou d’elle que dépend le bien futur de l’humanité.»

Chapitre 17 – Le désir et le désordre
Quand on quitte l’école, on cesse d’apprendre et on continue de vivre sur son savoir acquis. Jamais nous ne pensons que toute la vie consiste à apprendre.»

=> Acheter “Apprendre est l’essence de la vie” de Jiddu Krishnamurti pour 7,10 euros.

Advertisements
Quote

Un prof a changé ma vie (Vincent Remy)

4ème de couverture
“On a pu les aimer, les admirer, les jalouser, les craindre… Les profs ont forcément laissé une empreinte en nous. Certains ont même changé des vies. Ces vingts histoires en témoignent. Les voies de l’apprentissage et de la transmission sont infinies, je n’ai pas glané que des histoires d’institutrices et d’instituteurs dévoués ou de vieux maîtres bourrus. Un prof, c’est parfois un tourneur-fraiseur, un ténor du barreau, un maître de karaté, voire un grand-père d’exception. A chaque fois une rencontre qui ouvrira les portes de la connaissance, ou qui fera simplement s’épanouir ce que l’on porte en soi. Mais les profs savent-ils seulement ce qu’on leur doit ? Les témoins de ce livres tentent de réparer cette injustice. Chacun à sa manière, ils adressent un signe amical à tous ceux qui font ce bel effort de transmettre.”

L’auteur
Vincent Remy est le rédacteur en chef de Télérama. Un prof a changé ma vie est son premier livre.

UPACMV
Quelques extraits… sélectionnés avec soin parmi les 20 témoignages 😉

Eric Orsenna
– “Il m’a dit : “Vous travaillez beaucoup, mais il vous manque la confiance.” A la fin de l’année, il écrivit sur mon bulletin : brillant mais indiscipliné. Alors que je me croyais dans la besogne et le respect. Et là, Schlak, avec ces deux mots, la confiance était là !”
– “Peut-être intimidé, Eric Arnoult laissera tomber la philosophie, “mais ces maîtres continuent à me nourrir. Je suis fait d’eux ! Et la dette est grande. Ce sont des géants qui ont fait de moi leur marionnette. Ce sont eux qui m’ont donné le goût de l’enseignement…”

Danièle Sallenave
– “Suzanne Proust nous ouvrait aux livres et à la culture, non pour qu’on aille s’y enfermer, mais pour élargir notre existence.”
– Danièle Sallenave en convient : Mme Proust n’a pas changé sa vie, “puisque ma vie était en train de se faire”. Mais “elle l’a construite dans un sens qui me convenait vraiment, profondément. Parce qu’elle apportait dans son enseignement la rigueur et l’enthousiasme”. Ne parlez donc pas à la romancière des sciences de l’éducation, pour elle enseigner est un art, non une science, et elle a le “pédagogisme” en horreur : “Je crois aux personnalités fortes, qui ont des connaissances solides, et qui surtout aiment ce qu’elles enseignent. Et contrairement à ceux qui invoquent de mauvais profs pour justifier leurs manques, je pense qu’un mauvais prof s’oublie beaucoup plus vite qu’un bon.”

François Pinault
– “C’est comme ça. Ses maîtres, François Pinault les a d’abord craints et respectés, puis il les a aimés.”
– “Je crois qu’ils étaient habités. L’amour de leur métier, c’était de sortir les gens de leur condition. C’est d’autant plus remarquable que, quand vous êtes dans le trou, généralement, on vous y laisse. Ils nous faisaient comprendre qu’il ne fallait pas se résigner. Pas baisser les bras. Ils m’ont donné envie de m’en sortir. Si je n’avais pas eu la chance de les rencontrer, j’aurais eu une vie différente. Ils m’ont appris le minimum pour aller à la ville, et quand je me suis retrouvé au collège Saint-Martin, je parlais français certes avec l’accent du pays gallo, mais je parlais malgré tout. Bien sûr, ajoute François Pinault, on se foutait de ma gueule à cause de mon accent, mais je gardais en mémoire que mes instituteurs ne m’avaient jamais humilié. Et qu’ils n’avaient jamais humilié personne.”

Barbara Carlotti
– “Elle a fait entrer la littérature dans un rapport plus simple. D’abord parce qu’on ne rencontrait plus seulement des textes, mais des auteurs. Elle nous faisait découvrir que des personnes écrivaient, avaient une vie particulière, que cette vie leur inspirait certaines choses, que leurs textes étaient importants mais leur histoire aussi.”
– Et parmi ces auteurs, Baudelaire ! Le choc : “Je n’avais que douze ans !” La beauté, donc. Et Spleen, le ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle. Et tant d’autres. J’ai tout lu, j’aimais cette noirceur, cette grande mélancolie. Toutes ces images si simples, et si fortes. Le problème est qu’il ne fallait pas seulement les lire, ces poèmes, mais aussi les apprendre et les réciter devant les autres élèves : “J’étais volontaire, mais extrêmement timide et mal à l’aise. Cela reste un traumatisme d’avoir tellement aimé ces vers et eu autant de mal à les dire en public. J’y arrivais, mais j’avais des trous de mémoire, je rougissais. Je ne me souvenais pas de la fin du texte que j’avais appris avec beaucoup de passion. Trop, sans doute…”
– La prof à la voix rauque prêtait beaucoup d’attention à la petite Barbara : “Je crois qu’elle avait compris ma passion sous la timidité. C’est aussi pourquoi je me souviens d’elle : elle a pris soin de moi un peu plus que d’autres élèves. Dès qu’elle parlait de poésie, elle avait une attention particulière, en tout cas, je le prenais pour moi…” La chanteuse dit “ne plus se rappeler aucun programme dans aucune matière”, mais garde en mémoire les rédactions qu’elle avait dû faire, portée par l’enthousiasme de sa prof : “C’était quelqu’un de passionné.”
– “Il faut être fasciné par ses profs, par ce qu’ils sont”, dit encore Barbara Carlotti. Eva Serova était une femme élégante et très belle, fantasque et drôle : “Elle me séduisait beaucoup en tant que femme. On devient… enfin, on a envie de devenir l’autre.” Eva ressemblait-elle à son élève ? “Non, je ne crois pas. Mais moi, j’avais envie de lui ressembler. Elle était elle-même quand elle me racontait telle scène à l’Opéra, comment elle la jouait. Avec elle, c’était tout une vie”.
– “Ma professeur de français, elle, cherchait à faire partager des émotions à travers la littérature. Et Eva Serova, en me racontant sa vie, parfois de façon intime, me faisait participer à la grande histoire de la musique.”

Bruno Podalydès
– “Les seuls profs qui retenaient mon attention étaient ceux qui enseignaient leur matière sous l’angle d’une histoire. Mêmes les mathématiques, il fallait qu’elles soient racontées sous l’angle d’une aventure humaine.” D’où surgirait le plaisir d’apprendre : « Très peu de profs évoquaient ce plaisir.”

Aurélie Filippetti
– “J’aurais pu passer ma vie à faire des études avec des profs comme ça. Je n’ai jamais retrouvé à Paris cette relation particulière d’élève à enseignant. Comme Martine Rebmann, ces deux-là avaient un rapport existentiel à la littérature. Au fond, c’est ça la question : considère-t-on la littérature comme un divertissement ou comme la vraie vie ?”
– A la fin de sa troisième, et avant la séparation, Martine Rebmann avait offert à son élève les œuvres complètes de Marguerite Yourcenar dans la Pléiade. “C’était la première fois que je voyais une Pléiade, j’étais émerveillée par ce papier, je l’ai encore évidemment. J’ai l’impression que, un peu comme les fées qui se penchent sur le berceau, elle m’avait jeté un sort. Sur nos bulletins, elle écrivait toujours que la voie, c’était la littérature…” Aurélie Filippetti aurait-elle écrit si elle n’avait pas eu cette enseignante ? “Je crois qu’elle a changé beaucoup de choses. J’aimais bien écrire avant, des poèmes, comme les enfants, mais elle m’a fait découvrir la puissance, la force de la littérature et de l’écriture, à un âge où l’on se pose beaucoup de questions sur le sens de la vie. Elle m’a fait comprendre que la seule liberté est la liberté intellectuelle.” Pour Aurélie Filippetti, Martine Rebmann n’était pas qu’un professeur, elle était “un modèle de femme, libre, courageuse, originale, qui échappait aux normes des petites villes et construisait son propre destin. Moi, je ne savais pas très bien ce que j’allais faire de ma vie. Je savais juste que je voulais partir…”

Philippe Claudel
– Pour Philippe Claudel, avant de parler de transmission du savoir, la société ferait mieux de s’intéresser à la considération : “Considérer l’autre, cela signifie être à son écoute, attentif, ne pas le sous-estimer. On ne peut pas être enseignant sans s’ouvrir à l’autre. Cela me désole de voir une société qui se ferme. Ces politiques qui disent vouloir réinventer le vivre ensemble vivent tous dans les mêmes quartiers parisiens et ne vont jamais saisir la réalité provinciale.” Pas besoin de creuser beaucoup pour déceler chez Philippe Claudel une fragilité existentielle, qui est d’abord celle d’une condition sociale : « Je n’ai pas honte d’écrire des livres ou de réaliser des films qu’on qualifie d’humanistes. C’est mon obsession: comment rester dans la communauté des hommes, et faire qu’elle soit plus solide ? Comme professeur, ma responsabilité est encore plus grande. On doit faire très attention, car on ne connaît pas les effets de sa parole, les adolescents sont une matière inflammable, ma hantise a toujours été de ne pas repérer un gamin sur le point de chuter.”
– Aujourd’hui, Philippe Claudel dit qu’aucun professeur ne peut bien connaître la trace qu’il laisse chez ses élèves : “On a parfois des élèves pour lesquels on se dit : “Bon, ce que je fais n’est pas inutile.” Mais c’est difficile d’être prof, parce qu’on ne le sait généralement pas tout de suite. Il arrive que des élèves viennent vous voir des années plus tard : “Monsieur, l’année que j’ai passée avec vous a été formidable”. Cela m’est arrivé avec un garçon, en seconde, toujours au fond de la salle, tout le temps à faire la gueule, je le retrouve quinze ans plus tard, et il me dit : “Monsieur, c’est la plus belle année que j’aie jamais passée. Je buvais vos paroles.”

Gladys Cohen
– “Le problème, c’est que avançait très lentement, puisque je n’avais pas de régularité. Le violon, ça se travaille des heures et des heures, dans un cadre, une chambre, avec de la discipline. Mais Geneviève Lorrain ne disait rien. “Notre revenante.” Elle ne disait rien d’autre. Je voyais cette femme qui ne changeait jamais sa façon d’être avec moi. J’étais écrasée par cette unilatéralité du don. Jusqu’à la gratuité absolue de ses cours, puisque du moment où elle s’était aperçue que je n’avais pas d’argent, elle n’avait plus jamais accepté un sou de moi.” Et puis un jour, c’est le déclic : “Je me suis juré que je ne raterais plus jamais un seul cours…”
– Gladys Cohen pense que sa professeur de violon a fait plus que “changer sa vie”, elle l’a fait basculer : “Elle m’a d’abord tirée du néant, puisque j’étais perdue, sans maison, sans famille, ou me considérant comme sans famille. Mais tant que j’étais avec elle, je ne savais pas si j’étais sur la bonne voie ou pas. C’est à Madrid, quand j’ai commencé mes études de chant, que j’ai compris ce qu’elle m’avait apporté. Tout est devenu limpide.”
– Mais elle dit être animée en tout par ce que Geneviève Lorrain lui a transmis : la rigueur, la discipline. “Avec elle, c’était vraiment l’école de la grandeur. Elle ne lâchait rien, elle ne laissait rien passer.” L’élève pense-t-elle qu’elle était “unique” aux yeux de sa professeur ? “Oui. Je crois qu’on peut ne pas être aussi généreux avec tout le monde. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé un jour de lui rendre tout ce qu’elle me donnait. Parce qu’elle croyait en moi.” Gladys Cohen hésite avant de dire : “Je crois tout simplement qu’elle m’a aimée.”

Agnès Desarthe
– Et comme sa prof avait forcément beaucoup lu, Agnès Naouri s’est mise à la lecture, et à l’étude des œuvres littéraires : “Je crois beaucoup à l’enseignement par imitation, on accomplit un geste, qu’il soit intellectuel ou physique, en regardant le maître, on fait comme lui, puis on sait le faire tout seul, et chacun le fait à sa manière.” Une conception pas vraiment dans l’air du temps : “Je sais que c’est contesté, l’imitation, comme pédagogie. D’ailleurs, je ne dirais pas que c’était sa méthode, c’est juste comme cela que je l’ai vécu. Aujourd’hui, tout doit venir de l’élève, il doit être “à l’origine”. Cet enseignement très participatif, je ne suis pas contre dans une situation normale, mais quand le maître est extraordinaire, l’imitation a vraiment des vertus ! Si vous dansez avec un très bon danseur, même si vous ne savez pas bien danser, vous dansez vraiment mieux.
– “Il n’y a jamais eu aucune fausse modestie dans son attitude, elle savait qu’elle était une excellente prof. Mais je pense que l’impact qu’elle a pu avoir sur nous, et en l’occurrence sur moi la dépasse. Ce qui est sûr, c’est qu’elle accordait du crédit à tous ses élèves.”
– “Donc, Mme Barbéris a changé ma façon de lire les livres, mais aussi d’aller dans un musée, de regarder des tableaux, de discuter avec les gens… Elle a changé mon regard sur le monde.”

Muriel Mayette
– “Quand on enseigne, on prend autant que l’on donne. Si l’on n’est là que pour donner, quelque chose de l’ordre de la vie, la grâce, s’en va. Être prof, c’est partager son artisanat avec de jeunes générations.»

Video

Chaque enfant a besoin d’un champion (Rita Pierson)

Rita Pierson a été professeur pendant 40 ans aux États-Unis. Un jour, elle a entendu une de ses collègues lui dire : je ne suis pas payer pour aimer les enfants. Sa réponse : les enfants n’apprennent pas des gens qu’ils n’aiment pas. Ce discours est un appel aux éducateurs afin qu’ils n’oublient pas l’importance de l’aspect humain à l’école.

Version avec les sous-titres français, si besoin.