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Rabindranath Tagore : Joujoux

Un poème sur l’enfance du philosophe, poète, écrivain, compositeur, peintre  et pédagogue indien Rabindranath Tagore (1861-1941).
Ce génie a obtenu le prix Nobel de la Littérature en 1913 a rencontré Maria Montessori.

Comme tu es heureux , enfant, toi qui, assis dans la poussière, t’amuses toute la matinée avec un bout de branche cassée.
Je souris de te voir jouer avec ce brin de bois.
Moi, je suis occupé à faire des comptes, j’additionne des chiffres des heures durant.
Peut-être me regardes-tu du coin de l’œil en te disant : Quelle bêtise de gaspiller sa matinée à ce jeu là !
Enfant, les bâtons et les pâtés de terre ne m’absorbent plus : j’ai perdu ton art !
Je recherche des amusements coûteux et j’entasse de l’or et de l’argent.
Tu joues à cœur joie avec tout ce que tu trouves.
Moi, j’emploie mes forces et mon temps à la recherche de choses que je ne pourrai jamais obtenir.
Dans mon frêle esquif je m’efforce de traverser la mer des désirs, et j’oublie que mon travail lui aussi n’est qu’un jeu ! »

Photo : DR

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Pierre Rabhi : courte réflexion sur l’éducation

Réflexion de Pierre Rabhi sur l’éducation. Ce passage est issu du livre “Pierre Rabhi semeur d’espoirs” d’Olivier Le Naire.

L’éducation, au lieu d’être définie par rapport à l’épanouissement de l’enfant, au lieu de l’inviter à s’ouvrir, à comprendre le monde, est prédéterminée par l’idéologie d’une société qui doit fabriquer un être humain utile au système. Car il ne faut pas être hypocrite, c’est bien de cela qu’il s’agit. Or cette idéologie est essentiellement marchande ou, disons, monétariste. Le problème est aujourd’hui de savoir s’il peut exister une éducation qui chercherait uniquement à aider l’enfant à se comprendre lui-même. Hélas, ça ne se passe jamais comme ça, et chacun d’entre nous est passé par là. Je ne vois pas un musulman éduquer hors de l’islam, un chrétien éduqué hors du christianisme, un communiste éduqué or du communisme, un bouddhiste éduqué or du bouddhisme. Bref, tous ces éléments qui créent une idéologie collective. Bien sûr, lorsque, à l’école, on donne des outils et des moyens à l’enfant pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à acquérir ce qui lui est nécessaire pour sa vie et sa survie, je trouve cela tout à fait noble. Mais très vite l’enseignement tombe dans l’arbitraire. Au lieu de réellement socialiser, de créer une fraternité, l’école produit de la compétition et de la domination. L’éducation devrait révéler l’enfant à lui-même dans sa spécificité, et non en faire un être standard.
Enfants heureux

Voix – Petite Poucette de Michel Serres

Il y a de cela quelques mois, j’ai lu ce livre de Michel Serres :
Petite Poucette – Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer. Et au sein de ce livre, il y a un passage qui m’a particulièrement plu et que je trouve plus que d’actualité, le voici :

Jusqu’à ce matin compris, un enseignant, dans sa classe ou son amphi, délivrait un savoir qui, en partie, gisait déjà dans les livres. Il oralisait de l’écrit, une page-source. S’il invente, chose rare, il écrira demain une page-recueil. Sa chaire faisait entendre ce porte-voix. Pour cette émission orale, il demandait le silence. Il ne l’obtient plus.
Formée dès l’enfance, aux classes élémentaires et préparatoires, la vague de ce que l’on nomme le bavardage, levée en tsunami dans le secondaire, vient d’atteindre le supérieur où les amphis, débordés par lui, se remplissent, pour la première fois de l’histoire, d’un brouhaha permanent qui rend pénible toute écoute ou rend inaudible la vieille voix du livre. Voila un phénomène assez général pour que l’on y prête attention. Petite Poucette ne lit ni désir ouïr l’écrit dit. Celui qu’une ancienne publicité dessinait comme un chien n’entend plus la voix de son maitre. Réduits au silence depuis trois millénaires, Petite Poucette, ses sœurs et ses frères produisent en chœur, désormais, un bruit de fond qui assourdit le porte-voix de l’écriture.
Pourquoi bavarde-t-elle, parmi le brouhaha de ses bavards camarades ? Parce que, ce savoir annoncé, tout le monde l’a déjà. En entier. A disposition. Sous la main. Accessible par Web, Wikipédia, portable, par n’importe quel portail. Expliqué, documenté, illustré, sans plus d’erreurs que dans les meilleures encyclopédies. Nul n’a plus besoin des porte-voix d’antan, sauf si l’un, original et rare, invente.
Fin de l’ère du savoir. »

Voix

Harry Potter

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Lettre d’Abraham Lincoln au précepteur de son fils

Lettre d’Abraham Lincoln (1809/1865), 16ème président des États-Unis au précepteur de son fils.

Il aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères.
Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros,  que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué…
Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami.
Cela prendra du temps, je le sais, mais enseignez-lui, si vous pouvez, qu’un dollar de gagné a bien plus de valeur qu’un dollar trouvé. Apprenez-lui à savoir perdre mais également à savoir apprécier une victoire.
Éloignez le de l’envie, si vous pouvez, enseignez-lui le secret d’un rire apaisé.
Qu’il apprenne de bonne heure que les tyrans sont les plus faciles à flatter…
Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres…
Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d’un coteau vert.
À l’école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d’échouer que de tricher…
Apprenez-lui à avoir foi en ses propres idées, même si tout le monde lui dit qu’elles sont erronées…
Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.
Essayez de donner à mon fils la force de ne pas suivre la foule quand tout le monde se laisse entraîner…
Apprenez-lui à écouter tous les hommes mais apprenez-lui aussi à filtrer tout ce qu’il entend à travers l’écran de la vérité, et à en recueillir seulement les bonnes choses qui passent à travers.
Apprenez-lui si vous pouvez, à rire quand il est triste…
Apprenez-lui qu’il n’est aucune honte à pleurer,
Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…
Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.
Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle et à se tenir ferme et combattre s’il pense avoir raison.
Traitez-le doucement, mais ne le dorlotez pas, parce que seule l’épreuve du feu forme un acier fin.
Qu’il ait le courage d’être impatient et la patience d’être courageux.
Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l’Humanité.
C’est une grande exigence, mais voyez ce que vous pouvez faire…
Il est un si bon garçon, mon fils !  »

Abraham_Lincoln

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Maria Montessori : l’Âge de l’Enfant

Extrait du discours prononcé par Maria Montessori en 1937 à Copenhague (Danemark) lors du sixième Congrès international Montessori.

La grande mission sociale consistant à assurer à l’enfant justice, harmonie et amour reste à accomplir. Cette tâche importante revient à l’éducation. C’est notre seule façon de bâtir un monde nouveau et de construire la paix.
Aborder le sujet de l’éducation pour la paix à un moment aussi critique que celui-ci, où la société est sous une permanente menace de guerre, peut paraître témoigner de l’idéalisme le plus naïf. Je crois pourtant que poser les fondations de la paix par l’éducation est la façon la plus efficace et la plus constructive de s’opposer à la guerre. En effet, les simples besoins des hommes ne peuvent, en aucun cas, justifier aujourd’hui d’un combat armé et la guerre ne peut leur offrir nul espoir d’aucune sorte d’améliorer leur sort.
L’humanité est tombée dans un tel état de barbarie et de désordre spirituel que l’individu n’est plus qu’un minuscule grain de sable dans un désert aride. Chacun demeure inconscient du vrai visage de son époque et n’a aucune idée des dangers cachés qu’elle recèle jusqu’au jour où il devient la victime impuissante des évènements.
Dans une telle situation, il ne peut y avoir aucun progrès ni aucun espoir de paix tant qu’une action puissante et prompte, orientée vers l’humanité elle-même, n’est pas engagée.
Diriger notre action vers l’humanité signifie, d’abord et avant tout, la diriger vers l’enfant. L’enfant, ce “citoyen oublié”, doit être apprécié à sa juste valeur. Ses droits en tant qu’être humain qui façonne l’humanité entière doivent devenir sacrés et les lois secrètes de son développement psychique normal doivent éclairer notre route vers la civilisation.
Si toute l’ère de l’histoire humaine caractérisée par des guerres incessantes peut être qualifiée d’ “Âge de l’Adulte”, alors la période, dans laquelle nous commencerons à bâtir la paix sera “l’Âge de l’Enfant”.
La loi de la force brute a triomphé dans le passé. Aujourd’hui, les lois de la vie doivent, à leur tour, triompher. Cette aspiration très complexe ne peut être mieux résumée que par le mot éducation. »

Dessin pour la paix